D'où vient la plaque funéraire ?

D'où vient la plaque funéraire ?

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D'où vient la plaque funéraire ?

Aujourd'hui inévitables à la moindre visite d'un cimetière, les plaques funéraires sont toutefois passées par bien des âges avant de revêtir la signification et l'esthétique actuelles. Zoom sur une histoire qui tend à se confondre avec les origines de l'Homme sédentaire. Du paganisme au Dieu unique Les différentes religions qui se sont succédées ces cinq derniers millénaires ont évidemment tout à voir avec l'Histoire de cette coutume mortuaire. Nous allons voir que, si pour les unes elles faisaient partie intégrante du culte officiel, les autres se sont montrées plus sceptiques, voire censeures. Du Néolithique à l'Antiquité Les premières traces de plaques funéraires apparaissent dès le Néolithique, période qui commence au IXème millénaire avant notre ère dans le Croissant fertile, pour finalement atteindre l'Europe près de 2000 ans plus tard. Les divinités y sont multiples, et la spiritualité semble déjà omniprésente pour nos lointains ancêtres. La "proto-plaque" est alors une offrande directe aux dieux, et un avenir pérenne se dessine déjà pour elle. En effet, les civilisations antiques grecque et latine ne manquent pas de fixer et d'étendre cette pratique, par ce que cette dernière nomme alors "l'ex-voto". De l'ex-voto au Haut Moyen-Âge La plus simple traduction de cette locution latine pourrait être "selon le vœu" ou "d'après le vœu". Cette pratique peut alors viser à : • Implorer les dieux, dans ce cas, l'offrande prend volontiers la forme d'une statuette. • Remercier les dieux, l'hommage prend alors une forme plus symbolique. Le boiteux faisant à nouveau bonne marche dépose sa béquille aux pieds des dieux, l'esclave affranchi rend grâce en y laissant son ancien habit d'infortune, ou ses chaînes passées. • Dans un dernier cas, l'on cherche simplement à se rappeler au bon souvenir d'une divinité choisie en lui réaffirmant allégeance et dévotion. Si cette tradition a été particulièrement attestée dans l'Antiquité gréco-romaine, l'on trouve néanmoins des pratiques similaires dites "votives" de l'Irak chiite à l'Egypte pharaonique.
Les balbutiements d'une Eglise placée en mère des nations chrétiennes fait ensuite du recul (sinon de l'annihilation) des pratiques païennes une priorité fondamentale. Sans s'attaquer frontalement à l'ex-voto, Rome se contente de rappeler au dogme ses ouailles, tentées par des pratiques jugées peu catholiques. En ça, l'islam sunnite adopte d'emblée une position bien plus radicale, le prophète Mahomet interdisant purement et simplement ces offrandes, les assimilant à de l'idolâtrie. Du Dieu unique à nos jours Si l'influence des doctrines monothéistes dans l'évolution des plaques funéraires a été considérable pendant plus de mille ans, ces dernières s'en sont relativement affranchies depuis. Certaines familles peuvent encore y trouver une fonction religieuse, mais l'usage actuel est plutôt d'y immortaliser l'amour que l'on porte au défunt, en honorant sa mémoire. Si la plaque est bel et bien née du fait religieux il y a des milliers d'années, elle continue aujourd'hui d'évoluer au gré des sociétés, et une nouvelle génération digitale semble déjà prouver qu'elle s'adaptera parfaitement aux temps futurs !

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